mercredi 17 octobre 2018

L'éveil en soi...




Du déconditionnement à la libération, mode d’emploi

L’époque est unique et réellement extraordinaire.  A la fois tu vis dans un monde que la société humaine a rendu dément et tu te sens impuissant à empêcher sa destruction en cours, et simultanément, tu te trouves au seuil d’un nouveau monde inespéré sur lequel tu vas découvrir que tu as tout pouvoir de création. Quel paradoxe ! C’est la délicate période de transition entre la fin d’un monde et l’avènement du suivant, où cette fois les règles du passé n’auront plus ni emprise ni substance.
Sur cette scène où s’entrechoquent les dimensions, les difficultés résident en la bonne compréhension de ce qui arrive, le juste positionnement à trouver et le choix à faire en conscience.
Pour faire court, commençons par là, tu n’es pas juste né corvéable dans la société des hommes, tu es un être divin… Probablement qu’un certain nombre de résistances en toi t’inclinent à rejeter ce fait dans la corbeille à délires de cette époque. Pourtant, si tu fais le chemin d’entendre ce que je vais te dire, tu envisageras peut-être d’en accepter la possibilité ainsi que toute l’extraordinaire potentialité.
La prise de conscience
Vois ça comme une expérience. Essaie quelques instants d’oublier tes croyances et ce que tu admets comme certitudes et invite-toi dans l’ouverture d’un esprit sans préjugé. En cet état réceptif, sois serein et portes à ton regard l’idée que tout ce que tu es et dont tu imprègnes ton environnement est en réalité le fruit de ton conditionnement à croire ce que tu a appris depuis ta naissance à cette vie.
Aujourd’hui tu es adulte. Et tu es à chaque souffle en prise avec la trinité du « regard-sentiment-pensée ». Tout pour toi commence et se répète par le regard que tu portes sur le monde, puis à travers le filtre de tes émotions par tout ce que tu extériorises de toi, tes pensées, tes paroles, tes attitudes et tes actes. C’est la qualité du regard que tu portes à toute chose qui déterminera toujours le sentiment d’où naîtront tes pensées et tes émotions.
Dans ce processus maître, l’émotion est en réalité la première énergie que tu extériorises. Et son pouvoir est considérable.
Au tout début de ta vie, à l’arrivée de ta conscience dans le fœtus que tu étais, ton ressenti a déposé une première couleur sur la toile encore vierge de ton incarnation. C’était le début d’une œuvre qui s’est enrichie chaque seconde et n’a jamais cessé de colorer un peu plus en profondeur ta perception. Lorsque tu étais bébé, la pureté du nouveau-né que tu étais t’inclinait à porter un regard accueillant et exempt de tout jugement, mais imagine un peu au fil de l’expérience le nombre de filtres qui voilent ton regard aujourd’hui.
La peur fut le premier sentiment dont l’expérience de la vie t’a imprégnée. Elle a pu s’insinuer tôt, dès tes premiers moments de vie, selon que tu fus accueilli dans la violence ou dans la douceur, ou bien plus tard. Mais quoi qu’il en soit, sous ses différents visages, elle te fut inoculée dès le plus jeune âge par ton environnement. C’est sur ce pilier instable soutenant bien des fragilités à venir que ta personnalité, ton Moi, ton Je, ton ego,  a commencé à se bâtir.
Cet ego, qu’on l’envisage sous les angles psychanalytique, spirituel ou platonicien, est ton Moi sans conscience dont l’aptitude naturellement égocentrique imagine d’incessants mécanismes de défense, épaississant toujours un peu plus l’écran de fumée qui te sépare de ton être véritable. Le mental est son outil de prédilection, la peur est son moteur.
Si tu observes avec sincérité les mécanismes qui dans ta vie personnelle manque d’harmonie en toi, ou les situations pénibles que tu rencontres, tu verras que derrière les sentiments qui se manifestent alors, la peur n’est jamais loin derrière et qu’elle ne t’a jamais quittée, qu’elle a seulement varié et multiplié les formes sous lesquelles créer ces dysharmonies qui t’affectent. Le manque de confiance en soi, particulièrement dans le féminin au sein de l’actuel patriarcat dominant le monde, l’agressivité multiforme, la victimisation, le désespoir, la tentation d’isolement, sont parmi ses habits les plus usuels.
Ce que je t’invite à conscientiser, c’est que la peur n’est pas un sentiment naturel. Il est inculqué de toutes pièces, et chacun y ayant été exposé par une humanité imparfaite dont les composantes sont elles-mêmes érigées sur le même conditionnement, chacun participe ainsi à le nourrir, favorisant toujours un peu plus sa solidité et son expansion. La société humaine a donc fait de la peur la base de son modèle d’action et de réaction. Ce n’est pas une fatalité, c’est une croyance qui a pris corps et qui maintient sa substance parce que justement tu la crois une fatalité, une composante à part entière des conditions de la vie.
Ce cercle peut-être rompu, définitivement.
– Prendre conscience en premier lieu que nous ne sommes pas notre ego est la première étape incontournable du processus de guérison.

L’ego nous est indispensable dans l’expérience que nous avons tous choisie de l’incarnation dans la matière. C’est un véritable couteau suisse toujours prompt à dégainer le bon outil pour se nourrir. Mais souviens-toi justement que son caractère d’utilité ne doit le situer qu’à la juste place de l’outil qu’il est pour toi. Un outil tout aussi respectable que l’est ta main, mais un outil, rien de plus.
Tu n’as pas à t’identifier à ta main parce que tu es parfaitement conscient qu’elle n’est pas toi mais juste une part de toi, et sûrement pas la part qui décide ce que tu es. Il en est de même pour ton ego, pourtant, tu le laisses prendre les rênes de ton existence en ayant oublié que tu es un être infiniment plus vaste que la personnalité que tu croies être ta seule représentation. De cela nous reparlerons dans un autre article.
– Comprendre que derrière chacune de nos manifestations égotiques (colère, jalousie, victimisation, repli sur soi, etc.) réside une peur, que cette peur est née de blessures avec tout leur cortège d’émotions et que toute blessure est guérissable.
De quelles peurs parle-t-on ? Prenons un exemple. Une enfance de soumission à la violence,  qui n’est hélas pas un cas rare, dessinera le chemin de l’adulte à travers les filtres du manque de confiance en lui et du sentiment de culpabilité, vers un manque récurent de respect pour lui-même. Ce qui pourra s’illustrer au quotidien par toute une palette très nuancée d’attitudes et de comportements possibles.
Pour n’en prendre que deux parmi les exemples souvent rencontrés :  l’inclination autodestructrice, allant de l’exposition répétée aux situations néfastes pour soi – la culpabilité en est souvent l’origine – jusqu’aux tentatives de suicide. Ou, autre facette, l’extrême gentillesse affichée et distribuée en toutes circonstances sans discernement – il s’agit plutôt là de combler illusoirement le manque d’amour : « si je suis gentil je serai aimé et donc reconnu comme digne d’être aimé ».
– Intégrer que ces blessures n’ont affecté de nous que notre ego en remplissant ses sacs émotionnels, et nous souvenir que nous ne sommes pas notre ego comme nous ne sommes pas notre main.
C’est très important de bien comprendre que le conditionnement qui est le tien depuis ta naissance t’a conduit à toujours t’identifier à ton ego. C’est une éducation dont l’emprise est telle qu’il t’est difficile d’imaginer qu’il puisse exister autre chose de toi en-dehors de ce que tu perçois comme les contours de ta personnalité, et que tu situes sans le situer quelque part en ton corps.
Tiens, exerce-toi donc à localiser ta personnalité dans ton corps. Où est-elle ? Où se cache–t-il donc cet ego ? Dans le cerveau, le cœur, le ventre, les orteils ? Quand il est blessé, où est-ce que tu as mal ? Ne vois-tu pas quelque chose d’absurde dans les limites physiques où tu penses te situer ? A moins que tu te situes partout en toi ? Ou ailleurs ? Ou ailleurs et partout à la fois ?.. Là, il y a quelque chose qui s’ébroue et qui commence à sonner différemment. Mais qui ne cadre pas avec l’identification que tu fais de ton être à ton ego…
Le lâcher-prise
Résumons un peu. Tu n’es donc pas ton ego, mais lui est une part de toi, et une part qui n’a donc pas à décider pour toi de ce que tu es. Par nature limité, il s’est construit au fil de ta vie sur ses propres blessures et n’a toujours fait qu’agir et réagir en fonction des peurs que ses blessures ont installées en lui. Il a pour cela élaboré tout un système de mécanismes de défense, passant parfois par l’attaque préventive, qui sont autant d’armes blessant à leur tour les egos voisins, créant de nouvelles peurs, créant de nouveaux mécanismes de défense…
Tu remarqueras en passant à quel point le collectif humain fonctionne sur ce principe comme l’individu.
Finalement, pour trouver dans ce chaos émotionnel un sentiment de sécurité qu’il ne veut pas voir comme illusoire, l’ego ne cherche qu’une seule chose susceptible croit-il de maîtriser la peur : le contrôle.
C’est la raison pour laquelle, par ton identification à lui, tu cherches toujours à contrôler tous les aspects de ton existence, osant rarement de ton propre chef les mises en situation de perte de contrôle.
C’est de ces quêtes de contrôle illusoire, aux intérêts rarement communs, que naissent les conflits entre les individus ou les nations, qu’apparaissent à tout stade de leur évolution bourreaux et victimes, échangeant leurs rôles autant de fois que ne sont pas comprises et dépassées les expériences qui y ont menés.
Pour rompre ce cercle, qui est typiquement celui des incarnations dans la matrice des vies successives que tu as vécues, il existe une voie toute simple et qui s’ouvre le moment venu : le lâcher-prise.
Le moment venu ne signifie pas qu’on doit l’attendre sans rien faire. En fait, s’il vient de lui-même et souvent d’un coup, c’est lorsqu’on a déjà entamé le chemin de l’éveil par la prise de conscience de ce qu’est l’ego. Fais un bout du chemin et tu trouveras sur ta route ce qu’il te faut pour aller plus loin. Aide-toi et le ciel t’aidera comme on dit.
Le lâcher-prise, c’est en fait reconnaître que l’ego n’est pas maître. C’est l’idée qu’il y a quelque chose en soi de supérieur à la personnalité et dont la vision plus haute est en mesure de mieux percevoir ce qui est juste et bon pour soi. C’est donc sortir du cercle habituel des actions et réactions pour accepter la guidance d’un soi qu’on pressent supérieur en ceci qu’il n’est pas limité comme l’est par sa nature émotionnelle l’ego.
Autrefois, les Chinois usaient parfois de cerfs-volants sur lesquels figurait le dessin d’un œil. Imagine que ton ego tient le cerf-volant et que l’œil est ta conscience, c’est une image très parlante de la prise de hauteur nécessaire pour discerner ce qui émane de l’ego et des illusions qu’il crée et qu’il subit. Lorsque tu es en interrogation sur toi, porte ta conscience dans l’œil du cerf-volant et observe-toi agir.
Dans une vie actuelle au sein d’un pays industrialisé, le mécanisme du lâcher-prise passe d’abord par s’extirper du flux de stress continu engendré par la vie moderne. Ca peut se faire par paliers progressifs ou brutalement selon les circonstances et tes choix, mais il s’agit bien en fin de compte de ne plus permettre au stress de s’ancrer aux vulnérabilités qui lui sont familières.
Ne lève pas les yeux au ciel mon frère, ma sœur, n’oublie pas que pour en être arrivé là tu auras déjà entamé un nettoyage qui pourra le permettre. Ce que tu crois irréalisable au tout début se réalisera sans même que tu comprennes comment ça a été possible. A ce stade, l’écran de fumée qui te masque la réalité de ce que tu es sera bien moins dense.
Dénouer les ficelles qui ferment les sacs émotionnels remplis par les blessures de l’ego est une autre étape essentielle du lâcher-prise.
Au regard du jugement que tu portes encore sur toi et ta vie, ça peut te sembler une tâche énorme, mais tu te leurres. En réalité ça n’a jamais été aussi facile et rapide que maintenant. Là où autrefois il fallait une vie de psychanalyse avec des résultats souvent très douteux, l’époque veut que ce chemin d’éveil ait été emprunté par un nombre de plus en plus grand d’êtres, et que la lumière qu’ils ont ainsi manifestée en cours de route éclaire à présent le chemin de ceux qui suivent.
Ainsi, dans cette période extraordinaire de notre histoire, les prises de conscience claires et les mécanismes de corrections qui s’enclenchent à leur suite s’accélèrent chaque jour un peu plus. Et s’il y avait des couches émotionnelles profondes en toi que tu ne parviens pas à atteindre seul,  tu as à présent à ta disposition nombre de thérapies et de thérapeutes nouveaux qui apportent des aides parfois fulgurantes à cette problématique des sacs émotionnels. A toi d’user de ta foi et de ton discernement pour te guider vers qui et quoi seront bons pour toi.
Sois toutefois vigilant, le risque est grand de te perdre sur les chemins consistant à trop te tourner vers l’extérieur pour trouver des réponses qui sont en toi. Cela aussi fait partie du conditionnement social et du sentiment de séparation que de toujours aller vers l’extérieur.
Tu peux être avantageusement aidé par autrui, si autrui est choisi avec discernement, par exemple si tu tournes en rond depuis longtemps sur une problématique personnelle sans parvenir à la solutionner. Mais l’aide apportée ne sera qu’un révélateur, il n’y a toujours en définitive pour toi pas de sauveur autre que toi.
Il est donc encore parfaitement illusoire de courir sans discernement tous les stages et autres thérapies à ta portée. Tourne-toi d’abord vers toi et accepte l’introspection comme préalable, sois honnête et sincère vis-à-vis de toi et sois prompt à déceler en tout ce qui relève des manifestations de l’ego.
Vu de plus haut, donc sous une perspective plus large, tu es en fait en train de secouer ton être lumineux pour le débarrasser de toutes les nombreuses couches de scories qui voilent sa lumière.
Il est temps de déposer le costume et le rôle au vestiaire et de laisser derrière toi les vieux décors du théâtre où tu as si souvent joué que tu as fini par t’identifier à tes rôles.

La guérison
– Guérir c’est prendre la voie de la vacuité.
Pour commencer, prends conscience que dans ta tête, c’est le brouhaha mental. A quel moment ne penses-tu pas ? Cherche un peu. On est d’accord, pas souvent. Mais lorsque ça arrive – et dis-toi qu’à bon nombre ça n’arrive jamais – tu remarqueras que c’est toujours lorsque tu es pleinement dans le moment présent. Elle est là la clé : être dans le moment présent.
Si tu n’as pas conscience de l’absurdité du brouhaha mental qui est le tien, observe un instant de quoi sont faites tes pensées et tu constateras qu’elles se situent toujours dans le passé ou dans le futur. Jamais dans le présent. Comme si dans ta tête le présent n’existait pas alors qu’il est en fait la seule vraie réalité du monde que tu perçois. Ce que tu penses du passé ou du futur revient à projeter une énergie en un lieu qui n’existe pas. Parce que selon ta représentation linéaire du temps, qui est la tienne en cette dimension, soit tu penses à des choses qui ne sont plus, soit tu penses à des choses qui ne sont pas encore arrivées et qui n’arriveront peut-être jamais. Mais dans le moment présent, qui est le seul vraiment perceptible par tout ce que tu es, tu n’es jamais.
Voilà l’une des clés essentielles de la libération. Cherche le plus souvent possible la perception du moment présent dans ton quotidien et tu vas ainsi apprendre à apaiser ton mental, à apprivoiser cet animal sauvage qui jusqu’à présent n’a fait que ce qu’il voulait de toi.
Lorsque tu auras par ailleurs conscience que chacune de tes pensées est une énergie non maîtrisée, lancée à la va-vite dans l’univers et qui file toujours quelque part aimanter sa résonance, je te laisse imaginer le degré de pollution qu’un seul être humain peut produire dans une vie. C’est d’ailleurs une des choses sur lesquelles il est bon que nous commencions tous à travailler.
Un exercice simple pour être dans le moment présent est de t’asseoir dans la nature, de fermer les yeux et de ressentir pleinement sa présence à travers tes autres sens, le vent dans les arbres, sur ta peau, le chant des oiseaux, le vol des insectes, la chaleur du soleil. Si tu n’as pas la nature à proximité, fais-le dans la ville, c’est bien sûr moins nourrissant mais ce qui est pratique avec l’instant présent, c’est qu’il existe partout et en permanence. Sa grande qualité est qu’il installera peu à peu en toi le silence lucide et omnipotent, ainsi que la vacuité réceptrice, qui t’introduiront dans ta vraie maison, là où repose en attendant ton retour ta maîtrise perdue.
– Guérir c’est prendre la voie de l’allègement.
Chacune des cellules de ton corps emmagasine le poids de tes mémoires, celles de cette vie bien sûr, mais aussi celles des vies précédentes et même certaines transmises par ton ascendance – ce qu’on appelle les mémoires cellulaires. Imagine un peu la quantité d’émotions diverses, dont certaines particulièrement lourdes, qu’elles ont pu accumuler tout au long de ton périple dans l’incarnation !
Le mal-être, les peurs, la maladie, sont les conséquences de l’énergie disharmonieuse stockée en toi, qui finit toujours par s’exprimer à travers une ou plusieurs de tes zones d’ombre, le plus souvent celles qui sont nées des plus grandes douleurs, là où tu es le plus vulnérable.
Lorsque tu auras discerné les zones d’ombre en toi et que tu auras su identifier les blessures de l’ego qui en sont la cause, tu auras défait les nœuds des sacs émotionnels qui les alimentent. A partir de là, les sacs étant ouverts, tu en feras ce que tu veux selon ton libre-arbitre, et peut-être rien si tu as décidé de ne pas t’alléger. Mais dans le cas contraire, si tu as la volonté de sortir du jeu et de guérir, la voie que je t’invite à suivre est celle du pardon et de la compassion. Pour toi comme pour autrui.
C’est dans le pardon sincère et profond pour les blessures faites et les blessures reçues, ainsi que la compassion pour celui qui a joué le rôle de bourreau et qui n’est lui-même que la victime de ses blessures, même si parfois ça été toi ce bourreau, que tu pourras alors véritablement guérir.
N’oublie pas que dans le long chemin de tes vies sur cette Terre, tu as parfois posé la tête sur le billot et tu as parfois tenu la hache. C’était le chemin pour chacun de nous sans exception, il nous fallait expérimenter pleinement les deux polarités de la dualité, et nous avons donc distribué jusque-là les rôles avec notre plein consentement dans le respect de l’équilibre des énergies opposées, autrement dit le respect des lois du karma.
Que sont-elles ces zones d’ombre en toi ? Elles sont toutes tes attitudes, tes comportements, tes réactions qui provoquent en toi et/ou pour autrui des douleurs, des maladies et des sentiments involutifs, donc de nature à t’éloigner un peu plus de ton être divin.
Il n’est pas très difficile de te pencher sur toi. Demande-toi par exemple pourquoi tu te mets en colère dans telle situation ou par rapport à telle discussion. Observe toutes les fois où c’est arrivé et remonte au sentiment qui a provoqué ta colère. Que ressentais-tu alors, quel mot ou quelle situation a déclenché ta réaction ? Qu’est-ce que cela t’a rappelé, quelle image t’es venue ?
Pratique ainsi en toutes circonstances et tu auras d’excellentes chances d’exhumer la blessure non guérie qu’il y a derrière. Et si celle-ci n’apparaît pas tout de suite, qu’elle remonte à plus loin, peut-être une autre vie dont tu n’atteins pas le souvenir, fais confiance en la vie pour qu’elle te révèle rapidement comment y remédier. Que tu le veuilles ou non, tu as en ce monde comme au-delà de ce monde des guides qui sont là pour toi et ne demandent qu’à t’aider, surtout si tu le leur demandes.
Sur la voie de l’éveil, les choses se passent toujours ainsi, la grande loi de la synchronicité s’applique à chaque sollicitation de l’être sur le chemin. Tu croiseras toujours la personne, le livre ou le film qui répondra à l’un de tes questionnements sincères. Et si tu sais observer la nature, tu y trouveras très souvent les signes qui te seront utiles.
Que faire me diras-tu lorsque tu identifies l’une des causes de l’une de tes zones d’ombre ? Eh bien rien de très sorcier: tu l’accueilles.

Laisse remonter l’émotion, ne la bloque pas, accueille-là comme une parcelle de toi qui enfin se libère, et ressens de l’amour pour cette petite part de toi blessée qui avait tant de mal à dire sa douleur. Tout simplement, aies de la compassion pour toi. Tu as été blessé et tu as souffert, tu ne mérites que de l’amour pour cette épreuve, et surtout pas du mépris, de la colère ou de la honte.
N’émets aucun jugement, accueille cette émotion qui se libère, que ce soit dans les larmes, les cris ou le silence qui te submerge. Vois-là comme un enfant de toi, parle-lui, dis-lui que c’est fini, qu’il est libre et que plus rien désormais ne nourrit la douleur qui l’a vu naître. Si tu aimes sans condition en cet instant l’enfant blessé qui se révèle, tu le guéris alors instantanément.
A ton rythme, selon tes forces, sans pression aucune, tu reconnaîtras tous les enfants de ta douleur et tu leur rendras leur liberté.
Dans ce monde de dualité dont nous achevons l’expérience, il demeurera peut-être quelques blessures non guéries, mais ça n’a pas une grande importance. Il est déjà bien plus important d’avoir pris le chemin de la compréhension de qui nous sommes que d’en avoir guéri tous les aspects. Lorsque les problématiques les plus lourdes sont résolues, les quelques guenilles qui pendent encore ne t’empêcheront pas d’aller tout droit réinvestir l’être divin que tu es. Et ce jour-là, quelle ombre crois-tu pourra s’opposer à tant de lumière ?
L’abandon
Résumons une dernière fois. Tu as donc pris conscience que tu n’es finalement pas né en ce monde dans le seul but de te soumettre à la volonté d’autrui et d’en suivre aveuglément les règles imposées, tu as donc commencé à percevoir les mécanismes qui t’avaient conditionné à le croire jusque-là, tu as discerné en toi ce qui relevait de ce conditionnement afin d’en guérir les blessures occasionnées, tu as guéri l’essentiel… et maintenant ?
Maintenant, tu es en état de véritablement reconnecter ton esprit supérieur. Tu es en état de t’aligner sur ta divinité. Tu es en état d’être.
En fait, au fil du chemin, tu auras déjà fait des incursions dans un monde étrange, qui sont les signes de ta reconnexion progressive. Sauf exception, tout ne jaillit pas comme on ouvre une vanne, les étapes s’interpénètrent et la progression se fait la plupart du temps par paliers.
Le lâcher-prise a été pour toi un palier spectaculaire. En ceci qu’il t’a conduit à des attitudes et des comportements nouveaux. Combien de fois t’es-tu surpris à ce stade à ne plus réagir de la même manière dans des situations qui auparavant t’auraient atteint et auraient déclenché autant de ripostes de ta part ? Combien de fois t’es-tu dit que tu ne te reconnaissais pas ? Que tu te trouvais particulièrement zen ? Que tu ne comprenais pas comment tu ne t’inquiétais plus pour tel ou tel problème ?
Le lâcher-prise est une étape très visible dans ton quotidien, et souvent déstabilisante pour l’entourage qui a lui aussi du mal à te reconnaître et qui ne sait plus à quoi s’attendre.
Ne t’y trompe pas, ce palier représente une séparation plus marquée avec ce qui composait ta vie auparavant. C’est un bien en ceci que tu vas enfin vers toi-même et que sur ce chemin tu croiseras des êtres qui vivent le même éveil et qui te stimuleront, mais ça coûte aussi parfois le prix de l’éloignement de ceux avec qui autrefois tu partageais la même emprise de la société sur l’ego. Il arrivera aussi que tu seras leur déclencheur et certains te suivront, mais d’autres s’éloigneront irrémédiablement de toi, c’est ainsi, ne force rien ni personne, respecte le chemin de vie de chacun.
A ce stade du processus de ta guérison et de ta reconnexion à ton être véritable, tu es déjà en position de te réapproprier de vieilles mémoires qui remontent à la surface comme des bulles de méthane du fond des océans. Certaines de ces mémoires exhumées ont participé à ta guérison, d’autres t’ont simplement offert des indications sur tes vies passées, ou, plus utiles, t’ont réouvert l’accès aux annales d’un savoir qui vient à présent naturellement à toi.
Parallèlement, tes perceptions s’élargissent à ce qui était jusque-là invisible, hors de portée, certaines capacités peuvent déjà apparaître, comme la télépathie, souvent l’une des premières à se manifester, ainsi que la capacité de guérir autrui ou encore des visions inexpliquées, des incursions dans d’autres dimensions où tu joues un autre rôle. Et d’autres ouvertures encore.
C’est ton héritage, il t’appartient et tu sauras quoi en faire le moment venu dans l’intérêt de tous. Ne t’inquiète pas non plus si rien de tout ça ne se manifeste encore, chacun suit un chemin de vie qui est le sien et il n’y a aucun bien à se comparer aux autres, car cette comparaison n’a aucun sens. Ca n’est pas ainsi que tu mesureras le chemin accompli et que tu te situeras dans ce processus ascentionnel.
Cette tentation de la comparaison est réellement falsificatrice et demande une grande vigilance. D’abord parce qu’elle nourrit une autre facette de l’ego qu’on appelle fréquemment l’ego spirituel : disons que lorsque l’ego se voit perdre du terrain dans son élément matériel, son puissant instinct de survie va le guider vers d’autres emprises à exercer. Ca lui sera alors très facile de basculer vers l’élément spirituel puisqu’il voit ta conscience supérieure prendre cette direction sans pouvoir l’empêcher.
Pour anecdote, autrefois en Thébaïde, lorsque les premiers monastères chrétiens sont apparus au V° siècle, les moines alors friands d’ascèses et autres pénitences avaient paraît-il au réfectoire la fâcheuse tendance à manger toujours moins que le voisin afin de montrer par là une plus grande maîtrise. Tant et si bien que le port de la capuche a dû être inventé et imposé afin que nul ne voit le visage de son voisin et ne puisse en juger l’appétit.
On ne compte plus aujourd’hui encore le nombre d’«éveillés» qui se sont fait piéger ainsi par leur ego. Les plus charismatiques finissent gourous, les plus discrets égarent leur humilité et ne savent plus se remettre en question, perdant ainsi leur discernement, se laissent berner par leurs toutes nouvelles capacités et entraînent en passant dans leur sillage quelques uns plus vulnérables encore.
L’humilité justement est une puissante lumière dans l’obscurité. Plus que cela, c’est un Soleil à l’aune duquel le petit dans ce monde devient immense en l’autre.
Lorsque tout paraît devenir compliqué et que le discernement fait défaut, lorsque les doutes remontent et que la soif de contrôle assèche à nouveau le palais, l’humilité conduit l’être avec douceur vers l’autel de l’abandon, qui est le seuil suprême où il investit la plénitude de son habit de lumière.
L’abandon est la nuque que l’on offre nue au divin en soi. C’est la foi ultime, et elle est emplie d’une joie sereine et profonde.
La Lumière
Quelqu’un a dit il y a longtemps qu’il y aurait beaucoup d’appelés et peu d’élus. C’est que les pièges que nous nous sommes collectivement inventés sont foules bigarrées. Mais il n’y a pas lieu de s’en inquiéter, quel que soit le rythme de nos pas, tout le monde ira tôt ou tard vers son être divin, personne jamais ne sera laissé sur le bord du chemin, sois en sûr.
N’oublie pas mon frère, ma sœur, que nous sommes des nomades un peu fous, plein d’entrain et de joie, qui avons décidé il y a bien longtemps contre vents et marées, d’investir cette vaste scène de théâtre qu’est la Terre, endossant à tour de vies bien des sortes de costumes et de décors, tous destinés à nous emplir d’une expérience nouvelle et ancrer dans la matière une lumière qu’elle ne connaissait pas. Et qu’à présent que la représentation s’achève enfin et que le rideau tombe, nous allons faire quelque chose de très beau de ce que nous avons appris ici sur cette Terre bien aimée, de son vrai nom au sein de l’univers, Urantia Gaïa.
Veux-tu que je te dise mon frère, ma sœur, ce que nous avons fait et dont nous pouvons nous réjouir ? Nous avons tous ensemble accepté d’abandonner un jour nos éthers pour investir peu à peu la matière jusqu’à s’incarner dans un corps, en oubliant volontairement tout ce que nous étions et en nous laissant manipuler par des êtres qui ont tout fait pour nous séparer toujours plus profondément de notre essence divine. Ils y sont parfaitement parvenus, notre sentiment de séparation a grandi jusqu’à l’absolu et nous sommes devenus au-delà de ce que nous avions consenti leurs esclaves ignorants et crédules.
Dans cette obscurité épaisse, il nous a fallu imaginer qu’il existait autre chose que le monde qui était devenu le nôtre, et que nous avions la capacité d’évoluer. Sais-tu, mon frère, ma sœur, combien de vies et de souffrances de l’ego il a fallu ?
Mais là tout au fond de la vase, dans le noir absolu, pieds et poings liés, avec juste l’air qu’il nous fallait pour quelques instants de survie dans les poumons, nous avons su reconnaître la flamme indestructible qui ne nous a jamais quittés, et de toute la volonté de chacune des cellules de notre corps, nous en avons pénétré peu à peu l’incandescence. Par l’immense pouvoir de liberté qu’elle a distillé en nous, nous sommes remontés vers la surface en brisant nos chaînes une à une jusqu’à transcender toutes les limites imposées.
En d’autres royaumes qui sont aussi notre héritage, tout au long de cette grande histoire, des légions d’êtres de lumière nous ont aidé de toute la force infinie de leur amour et se sont réjouis avec un étonnement grandissant de chaque pas que nous avions trouvé le moyen de faire vers eux, vers nous.
Ne crois pas mon frère, ma sœur, ceux qui te disent que nous avons raté le train, que nous nous sommes réveillés trop tard. Certes, on aurait pu faire mieux et toute la fin de l’histoire aurait pu se passer autrement, mais dis-toi que tout est toujours juste à l’échelle de l’horlogerie cosmique, et qu’au départ, dans l’oubli de notre identité, piégés dans cette dimension non unifiée, séparée du cosmos, nos chances n’étaient vraiment pas lourdes.
Alors réjouis-toi, mon frère, ma sœur, sans orgueil mais avec la sobre fierté du chemin accompli. Tu es sur le seuil. Tu redeviens l’être de lumière que tu as toujours été, l’être divin qui va humblement s’auréoler de l’héritage unique d’Urantia Gaïa, avec qui tu chemines cœur à cœur dans ton ascension. A l’aube des Soleils du nouveau monde qui déploie ses ailes, tu découvres déjà ton véritable pouvoir créateur. Et tout à présent se fera en conscience et en joie, dans l’amour transcendé du divin en toi.






 L’Eveil en soi